Polyculture élevage, qu’est-ce que c’est?

A la Ferme du Grand Laval, nous allions différentes cultures avec l’élevage de brebis et tous les éléments sont interconnectés.

En gros la polyculture élevage est le fait d’élever des animaux (brebis, poules, vaches, chèvres, etc), de cultiver leur aliment pour être en autonomie alimentaire et en plus, de cultiver d’autres produits végétaux que l’on vend. Dans notre cas, des fruits, de l’huile de colza, tournesol, caméline, des haricots secs, lentilles, pois chiches. Les bêtes ont un rôle indispensable sur la ferme mais la ferme ne sert pas uniquement à nourrir les bêtes. Elle sert avant tout à la productions de fruits, d’huile et de légumes secs. On pourrait presque dire que les animaux sont un outil de la ferme et la viande ou les oeufs, sont des co-produits.

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Nous avons donc: des brebis qui paissent tranquillement dans un verger de pommiers, poiriers, abricotiers et plaqueminiers. A coté se trouvent les poules sous les pêchers, les cognassiers et les pruniers. Plus loin s’alignent les figuiers et les groseilliers au milieu des rhubarbes et des bandes maraîchères, intercalés entre les plantes mellifères. Le long de toutes les parcelles coule le ruisseau des Moulins, un ruisseau qui prend sa source au pied du Vercors et alimente les cultures toute l’année et qu’accompagne sur toute sa longueur une haie plantée. Encore plus loin on trouve des champs où l’on cultive en rotation: colza, lentille, pois, haricot, luzerne, orge, avoine, tournesol, caméline, pois chiches, triticale, trèfle, millet, sorgho, etc. semés seuls ou en association, en culture principale ou en dérobé. Et des prairies pour le foin ou les brebis. Enfin, tout près de la maison, se trouvent la serre, la forêt jardin, la zone de production de légumes et la pépinière d’arbres. Et ici et là se cachent des perchoirs et des nichoirs, des tas de bois, s’alignent les bandes enherbées.

Interconnecté…..

Les poules mangent les tourteaux de pressage de tournesol, de colza et de caméline, les céréales et les pois. Le fumier des poules est étalé au pied des arbres fruitiers et dans les bandes maraîchères pour un apport en azote. Les brebis tondent les prairies au pied des arbres et mangent les fruits tombés à terre, leur fumier enrichit le sol et favorise la vie du sol.  La culture de luzerne produit du foin pour les brebis en hiver, enrichit le sol et inhibe la croissance des chardons, il prépare le sol pour d’autre cultures. On peut imaginer des milliers d’interactions, de connections entre tous les éléments de la ferme. On peut aussi s’amuser à ajouter la composante « habitants de la ferme » dans l’équation et se rendre compte que les connections sont encore plus nombreuses. Rien qu’avec les poules par exemple: nous mangeons les oeufs, nous prenons du plaisir à les contempler, nous nettoyons le poulailler, elles mangent nos déchets de cuisine.

Polyculture versus monoculture

Le fait de ne pas se spécialiser dans une seule culture est un choix qui a un intérêt majeur: l’agrosystème est capable de résilience, c’est-à-dire capable de retrouver rapidement un fonctionnement, un développement et un équilibre dynamique normal suite à une perturbation importante. Si une année une culture ne marche pas, une autre compensera les pertes. Par exemple, s’il gèle une année au printemps, il y a peu de fruits mais il y a des agneaux, le gèle n’ayant aucune conséquence sur la naissance des agneaux, ou alors, si une année la culture de lentilles a un rendement médiocre suite à un parasite, celle du tournesol fonctionne.

L’inconvénient majeur de ce type de fonctionnement versus une monoculture, est qu’il est nécessaire de se doter de beaucoup de matériel agricole. Il faut le matériel de l’éleveur, celui du céréalier et celui de l’arboriculteur. Mais des machines de petite taille sont amplement suffisantes et l’on trouve d’excellent matériel agricole d’occasion (il suffit d’avoir la main « mécano » pour les entretenir). L’autre inconvénient c’est que l’on multiplie le travail. Mais cet inconvénient est en réalité un avantage, car la polyculture élevage permet de diversifier les tâches et rendre le travail agréable, une journée entière de moisson dans des champs de céréales à perte de vu n’existe pas au Grand Laval.

Et puis la beauté du lieu n’a rien à envier au immense champs de maïs ou de blé.

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La coupe du foin

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Les Shropshire dans le verger (cette race de brebis ne grignote pas les feuilles ni les troncs d’arbres)

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Une culture naissante de haricots rouges

Caméline

La caméline que l’on récolte pour son huile riche en oméga 3

Kaki

Un jeune kaki

Pois chiche (2)

Une gousse de pois chiche

Colza

Du colza

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Les bottes de foin pour l’hiver

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