Lutter contre ou miser sur tout le monde?

Dans le modèle d’agriculture actuel, on est ultra interventionnistes. Lorsqu’on dispose d’un « outil de production », comme un verger de pommiers par exemple, immanquablement, on a des contraintes, un insecte ravageur qui pond dans la pomme par exemple. Dans ce modèle, on cherche à réduire au minimum le niveau de pommes piquées (< 3%).

Pour y parvenir, souvent on applique un insecticide. C’est la méthode classique, la moins onéreuse. Les phytosanitaires sont très bon marché versus des méthodes plus alternatives. Cet insecticide est aussi généralement nocif pour la santé de ceux qui mangent la pomme et de ceux qui appliquent le produit, pour la nappe phréatique, pour les voisins du verger et tous les habitants non humains du milieu. De fait, cet insecticide détruit généralement les autres insectes présents sur la parcelle et qui eux ne posent aucun problème sur les pommes.

Une autre méthode consiste à empêcher l’insecte d’arriver jusqu’au pommier en mettant un filet pare-insectes (très onéreux cette fois-ci), filet qui va aussi limiter les oiseaux et chauves-souris mangeurs d’insectes de venir près des pommiers, qui va faire stagner les nappes de brouillard givrant, qui va stopper les insectes pollinisateurs, bref, qui va vider le milieu de vie, simplifier le milieu et apporter d’autres problèmes.

Dans les deux cas, on cherche une efficacité totale. Deux questions se posent alors : est-il nécessaire de supprimer quasi totalement l’insecte et de contrôler tous les paramètres liés à la production agricole ? Et doit-on simplifier le milieu à l’extrême ?

Sur la ferme, on applique une autre stratégie. A l’inverse du modèle dominant, on mise sur tout le monde ! On veut qu’il y ait un petit peu de tout le monde. On multiplie les habitats pour multiplier la diversité de espèces. Seule une infime partie de l’ensemble des vivants peuvent poser des problèmes dans nos cultures. Ainsi si l’espace est saturé d’espèces en tout genre, lorsque le ravageur débarque (et il débarquera puisqu’ils sont intrinsèques à nos milieux agricole), il ne peut pas se multiplier à l’infini, occuper tout l’espace et ruiner la récolte.

Globalement, on ne cherche pas à contrôler tous les paramètres de notre système agricole, tant de choses nous échappent de toutes façons. On fait simplement confiance au vivant, tout en ayant une bonne connaissance des cycles et de la biologie des ravageurs.

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