Un marche pour l’égalité dans le monde paysan comme ailleurs

Parce que dans le monde paysan on est encore bien loin de l’égalité entre les sexes.

Parce que très souvent, le travail des paysannes n’est pas valorisé et se fait dans l’ombre.

Parce que nous soutenons les projets de notre conjoint plus que nous ne développons nos propres projets.

Parce que souvent c’est nous qui gérons les tâches domestiques et la vie de famille, assumant la charge mentale de la famille ET de la ferme en même temps.

Parce que souvent nous nous cantonnons aux tâches où l’on nous attend, aux tâches « féminines ».

Il y a encore beaucoup de choses à faire évoluer, y compris nos propres limites que nous nous imposons en tant que femmes ! Nous sommes tout à fait capables de mener un projet agricole, tout autant qu’un homme ! Ce n’est pas une question de force, c’est une question de méthode. Mais dans tous les cas, notre corps se modèle avec ce que nous faisons de lui.

Alors à nous de jouer, à nous tout·es de partager, prendre conscience, évoluer, changer ! Dans le monde paysan comme ailleurs.

Rejoignez-nous mardi 8 mars à 18h à Valence

Des sites d’observation à SERPENTS et des gîtes de ponte

Chaque année l’association des fermes paysannes et sauvages choisit un thème commun sur lequel travailler. L’an dernier c’était les bandes enherbées. Chacun a laissé une belle bande enherbée sur une parcelle et ne l’a fauchée que tard dans la saison histoire de laisser tout le monde terminer son cycle de reproduction (faune et flore).

···· 🐍🐍🐍 Cette année ce sont LES SERPENTS! 🐍🐍🐍 ·····

Car depuis 15 ans, dans toute l’Europe, la population de reptiles baisse de façon catastrophique. Nombreux sont écrasés sur la route, les grandes populations de sangliers sont avides de serpents et impactent aussi leurs populations.

Les fermes (mais vous pouvez le faire aussi) vont donc mettre en place :

• un site d’observation voire faire un inventaire 🐍🐍🐍

Pour cela il suffit de poser une grosse toile de mine (les tapis de convoyeur) ou une tôle ondulée, en plein soleil dans les herbes hautes. L’endroit doit être 100 % au soleil toute la journée, aucune ombre. Il est même possible d’intégrer une plaque en plexiglas entre la tôle et le sol pour observer l’occupation sans trop déranger l’animal.

Voici des fiches techniques: https://www.cistude.org/index.php/conservation/serpents-d-aquitaine/179-former-le-reseau-professionnel.

Pour saisir ses observations sur le portail collaboratif national: https://geonature.lashf.org/

• un gîte de ponte 🐍🐍🐍

Il est essentiel de recréer des gîtes de ponte, afin de faire remonter les effectifs des différentes espèces. Car les serpents ont des gîtes de pontes communautaires : détruire un de ces abris a donc un impact très important sur les populations. Et comme ils ont la mémoire du lieu où ils sont nés, et reviennent pondre au même endroit, ces gîtes doivent s’inscrire dans la durée. Le gite idéal fait 5 mètres sur 3 minimum. Il est composé de matière organique en décomposition (parce que ça chauffe) : BRF, compost, vieille balle de paille abandonnée, et entouré de pierres sèches (pour protéger le site des prédateurs éventuels, comme les sangliers).

A nous de jouer !

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/77949

Carnets de campagne

Une brève intervention de Sébastien pour présenter la ferme sur Carnets de Campagne hier midi 😁

« Une ferme paysanne et sauvage de la Drôme et un collectif engagé d’auteurs de bandes dessinées

Pour ouvrir cette édition dans la Drôme, nous nous sommes appuyés sur un courrier qui nous présentait une ferme atypique qui intègre pleinement la vie sauvage dans son exploitation. Nous avons voulu en savoir davantage. Il s’agit de La Ferme du Grand Laval dans la commune de Montélier à l’est de Valence où se déroule le jeu des 1000 euros. Sébastien nous y attend. 

Ensuite une initiative qui mérite d’être largement connue et diffusée : Un collectif d’auteurs et de dessinateurs de bandes dessinées met son savoir-faire et son talent au service des acteurs du social, de l’humanitaire et de l’environnement. En 5 ans, The Ink Link, nom du collectif, a couvert plus de 70 actions sur 4 continents. Le résultat est plus que convaincant et efficace. »

Les trognes, les têtards !

Pourquoi est-ce qu’on s’embête à torturer de malheureux petits arbres en le tronçonnant en trogne ? En regardant de près et en observant de vieux arbres taillés en têtard, on voit que les branches coupées et le tronc, années après années, font des cavités, et dans ces cavités, il y a du monde. Ce sont des abris, des abris pour les chouettes chevêches, la huppe ou le moineau friqué, les mésanges, certaines chauves-souris, les lézards ou le mulot et tout un tas d’insectes.

Dans un jeune verger, poser des nichoirs c’est donc mimer les cavités que ces jeunes arbres n’ont pas encore.

Le lierre est bénéfique à la croissance des arbres.

On en avait déjà parlé mais revoilà l’info, ça sauvera peut-être quelques lierres en passe de se faire hacher…

Nous sommes très nombreux à penser que le lierre (Hedera helix) étouffe les arbres mais en fait, il a coévolué avec eux, se sert d’eux comme appuie et colonise les arbres les moins vigoureux. Et surtout il peut se montrer fort utile. En effet, a l’automne, ses fleurs attirent les pollinisateurs en masse au moment où peu d’autres fleurs sont disponibles dans les zones agricoles. Et il produit en hiver plusieurs kilos de fruits qui nourriront généreusement les oiseaux. Son feuillage épais sert d’abris aux oiseaux et aux insectes, abris contre la pluie, le vent, les prédateurs lorsque toutes les autres feuilles sont tombées par terre.

Et lorsqu’ils grimpent le long des troncs, ils ne pénètrent pas l’écorce des arbres et ne les blessent pas. Laissons donc évoluer le lierre librement pour profiter encore plus de cette vie sauvage qui nous est si chère.

Nous sommes allés vous chercher les quelques pages de La Hulotte sur le lierre qui vous aideront à comprendre pourquoi il est tellement important de ne pas lui couper le tronc. Vous verrez pourquoi! 😊 Bonne lecture.

La Hulotte, c’est là: https://www.lahulotte.fr/ et on peut s’abonner. C’est vraiment enrichissant.

La suite sur la Hulotte 😉

Michel Jay et les chauves-souris

Le grand MICHEL JAY, expert en biodiversité sauvage du CTIFL (https://www.ctifl.fr/ – le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) est venu rendre visite aux paysan·nes de l’association des fermes paysannes et sauvages. Il a travaillé 42 ans sur les dispositifs d’hospitalité active dans les vergers.

Il nous a, entres autres, expliqué à quel point les grands arbres sont indispensables pour la présence de chauves-souris, qui gobent pas moins de 6 petits insectes à la minute !!!! Un allier incomparable pour les cultures. En effet, les grands arbres représentent un abris pour de nombreux insectes qui s’y distribuent en une colonne du sol au sommet de l’arbre.

L’insecte étant une nourriture très sèche, notre amie la chauve-souris a aussi besoin de points d’eau (des mares de grande taille) pour s’abreuver. Les mares elles-mêmes sont un réservoir importants à insectes.

Voici la vidéo de quelques chauves-souris décollant de leur gîte en slowmotion, c’est très impressionnant :

(photo chauve-souris: Tanguy Stoecklé)

En avant vers la bécassine sourde!

On creuse le talus de sable pour faire revenir les guêpiers d’Europe !

A la ferme de l’auberge à Divajeu, Stéphane, Natacha et Sébastien ont rafraîchi un ancien site de nidification de guêpier, aujourd’hui déserté à cause de l’enherbement. Cet oiseau multicolore semble tout droit sorti de la forêt amazonienne.

La ferme de l’Auberge est un de ces lieux magiques où les paysan·nes laissent une place très spéciale à la vie sauvage. 💪🌳🦋

Guêpier d’Europe. Famille des Méropidés. Ordre : Coraciiformes

On taille les figuiers!

Il existe deux types de figuiers: ceux qui font des figues fleurs au printemps et figues fruits à l’automne ; et ceux qui ne font que des figues fruits à l’automne.

Les premiers font des figues fleurs sur les rameaux de l’année précédente. On va donc simplifier les ramures du figuier sans pour autant supprimer tous les rameaux de l’année précédente (autrement on n’aurait pas de figues fleurs, si vous avez suivi).

Sur les seconds, on taille tout pour ne laisser que des moignons à 3 ou 4 doigts (comme sur la photo). Ceux-ci vont produire des tiges qui porteront des figues… à l’automne donc. 😉